Suite à la crise économique de 2009, la nécessité de développer des systèmes de protection sociale au niveau mondial semble plus que jamais à l’ordre du jour de la communauté internationale. En effet, les gouvernements qui disposaient déjà de tels systèmes ont été mieux armés pour faire face à la crise. La protection sociale semble ainsi désormais de plus en plus considérée comme facteur de développement et de stabilité d’avantage que comme frein économique ou un poids sur les budgets publics.
Tandis que plus des ¾ de la population mondiale ne bénéficie d’aucune protection sociale (prés de 90% en Afrique et près de 50% en Asie et Amérique latine), la mise en place d’un « socle de protection sociale » à l’échelle mondiale est désormais considérée par les Nations Unies comme une réponse efficace face à la crise économique et les grands pays émergents comme la Chine et l’Inde seraient de plus en plus réceptifs à avancer dans ce sens. Des études chiffrées menées par divers organismes des Nations Unies montrent qu’un minimum de transferts sociaux serait abordable financièrement même pour les pays les plus pauvres.
Toutefois, garantir un socle de protection sociale à la population mondiale, en particulier la plus pauvre, reste un défi considérable : Pour la majeur partie des travailleurs de ces pays le travail « informel » pour la survie est devenu la norme, c’est à dire le travail en dehors de tout contrat (et donc en marge de toute législation du travail tant au niveau des conditions de sécurité, du temps de travail que d’une rémunération hasardeuse qui n’atteint pas le salaire minimum) et de toute protection sociale y compris un accès convenable aux soins de santé. Depuis les années 80, travailleurs licenciés du secteur formel ou éjectés de la fonction public pour cause de concurrence économique mondiale et de coupe dans les budgets des États, ne cessent de grossir les rangs de l’ « informel ».
De plus, si de nombreuses initiatives en faveur d’une protection sociale sont le fait d’organisations de la société civile, comme notamment les syndicats et mutuelles de santé soutenus par Solidarité Mondiale, il s’agit d’actions dispersées et manquant de moyens face à des États n’ayant pas la capacité financière et politique de mettre ces revendications en oeuvre. En effet, les grands prêteurs de fonds comme le FMI ou la Banque Mondiale imposent dans une logique libérale une stricte discipline budgétaire avec diminution des dépenses publiques, ce qui va évidemment à l’encontre des moyens nécessaires pour mettre sur pied un système de sécurité sociale.
Malgré tout cela, organismes internationaux, ONG et mouvements sociaux se battent pour imposer à l’agenda international la mise sur pied d’un socle minimum de protection sociale plus que jamais nécessaire pour répondre aux inégalités sans précédents qui privent la majeure partie des travailleurs dans le monde d’un minimum de sécurité d’existence.






