Dans le monde, d’après le rapport 2006 des Nations Unies sur la population, le nombre de migrants a plus que doublé ces 50 dernières années. Parmi ces migrations un tiers s’effectue des « pays en voie de développement » vers les pays « développés ». Toutefois depuis une quinzaine d’années, ce sont les pays à revenus élevés qui ont, dans l’ensemble, enregistré la plus forte augmentation du nombre de migrants internationaux, notamment en Europe. Mondialisation, inégalités Nord/Sud, évolution des moyens de transport et de communication sont certains des facteurs de cet accroissement des migrations
Cette nouvelle ère est porteuse aussi bien de problèmes que de possibilités pour les sociétés du monde entier. Elle met aussi en relief la corrélation manifeste entre les migrations et le développement de même que les possibilités de codéveloppement qu’offrent les migrations, c’est-à-dire les possibilités d’amélioration concertée de la situation économique et sociale aussi bien dans les régions d’origine que dans celles de destination.
Parallèlement, les travaux de recherche continuent de battre en brèche les vieilles certitudes concernant les migrations – ils montrent par exemple que les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’émigrer vers les pays développés, que les migrants peuvent avoir des vies transnationales et que les transferts de fonds peuvent stimuler considérablement les économies locales. Ces fonds que les migrants rapatrient dans les pays en développement sont d’ailleurs devenus de très loin supérieurs à toutes les formes d’aide internationale conjuguées.
Toutefois, comme l’actualité brûlante des sans-papiers nous le rappelle, l’expérience de l’émigration a également évolué de manière moins positive. Les migrants des deux sexes sont très nombreux à être de plus en plus exposés à l’exploitation et aux mauvais traitements que leur font subir les passeurs et les trafiquants, et ils y laissent quelquefois leur vie. D’autres se trouvent pris au piège derrière un mur de discrimination, de xénophobie et de racisme du fait de la montée des tensions culturelles et religieuses dans certaines sociétés. La coopération internationale peut jouer un rôle crucial en protégeant les individus contre ces maux.
Sources : Rapport mondial sur les migrations internationales des Nations Unies, 2006.
Pour mieux comprendre les enjeux et l’actualité de cette problématique, nous accueillerons :
Spyros Amoranitis, directeur de l’IRFAM (Institut de Recherche Formation et Action sur les Migrations), chercheur, formateur et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet.
Le témoignage d’une personne sur son parcours de migration et les facteurs qui l’ont poussé à l’ entreprendre.





